Un journal qui rassemble les derniers courants à la Mode que ce soit les derniers mouvements musicaux , les prochaines tendances de Mode, les expositions culturelles actuelles ... Tendances du moment mais aussi Cahier de tendances à venir.
3 Mars 2013
Eileen Gray :
Par Dan Curtis
Au Centre Pompidou, rue Saint-Martin, 4e. Du 20 février au 20 mai
Eileen Gray artiste, designer, de l’art déco et de l’architecture moderniste, a passé plus de 70 ans à bâtir une œuvre originale et avant-gardiste . Eileen Gray est née le 9 août 1878 à Enniscorthy en Irlande. Elle fait ses études de peinture à la Slade School of Fine Art de Londres, en 1901 et fréquente Kathleen Scott.
En 1902, elle suit des cours à l'Académie Julian et à l'Académie Colarossi à Paris. Eilen Gray retourne à Londres en 1094 où elle reprend sa formation aux techniques de laque. Elle s'installe à Paris en 1907. puis poursuit son cursus dans les ateliers d’ébénistes parisiens ;
En 1913, date de sa première exposition, elle expose des panneaux décoratifs au Salon des artistes décorateurs. Son travail combine laques et bois rares, motifs d'inspiration japonaise et abstractions géométriques. Le couturier et collectionneur Jacques Doucet,. lui commande quelques œuvres dont le paravent « le Destin » et la table « Lotus »,. En 1919, Gray est chargée de décorer l'appartement de Suzanne Talbot, une célébrité du monde de la mode. Pour ce projet elle réalise « Pirogue », une chaise longue en bois laqué,. Son design d'intérieur suscite alors une avalanche d'éloges dans la presse. « L'appartement de Suzanne talbot, devenue Madame Mathieu Lévy, fût considéré comme une prouesse en matière de design des années 1920. Eileen Gray mettra cinq ans à en réaliser le décor.
En 1922, elle ouvre la galerie Jean Désert , 217, rue du Faubourg-Saint-Honoré avec l'aide de Jean Badovici, architecte roumain. Cette galerie propose ses réalisations:mobilier en bois, paravents en laque, divans, lampes, tentures murales, miroirs, tapis.
1925 ,Gray amorce son tournant moderniste. Et délaisse la laque, pour s’intéresser au mobilier métallique.
Elle devient, l'un des précurseurs avec Marcel Breuer, Perriand et Rietveld, du mobilier à structure acier tubulaire. Ensuite elle se tourne vers l’architecture avec l'aide de Jean Badovici.
En 1924, Gray et Badovici commencent à travailler sur la maison E-1027 à Roquebrune-Cap-Martin. Le nom E-1027 de la maison est un code pour Eileen Gray et Jean Badovici : E pour Eileen, 10 pour le J de Jean, 2 pour le B de Badovici, 7 pour le G de Gray. La villa sera présentée dans le premier numéro de la revue L'Architecture d'aujourd'hui15.
En 1929, elle est membre fondateur du mouvement d'artistes décorateurs et d'architecte, l'Union des artistes modernes. Elle commence une nouvelle maison, en 1932, baptisée « Tempe à Pailla » située route de Castellar à Menton. Un projet Personnel car Jean Badovici n’y participera pas. Elle continue sa réinterprétation des cinq points de l'architecture moderne énoncés par Le Corbusier.
Architecture sociale:
Dés Les années 1930 une nouvelle période se profile pour la société française. l'accès aux congés payés, poussent nombre d’architectes à revoir le concept des équipements sociaux et culturels. Eileen Gray, fera du logement social l’un de ces enjeux, l'une des caractéristiques de son œuvre.
Le premier projet se nomme « Tente de camping » en 1930. La même année, elle imagine la « maison minimum » un concept de maison individuelle à ossature démontable se modulant selon la topographie du lieu. Le thème de la maison individuelle préfabriquée se retrouvera ponctuellement dans l'œuvre de Gray,
En 1936 avec la « maison ellipse », elle imagine un centre de vacances et de loisirs en 1936-1937. Le projet prend forme, il intègre différents modes de logement ,services administratifs, parking, et équipements liés aux loisirs et activités. Ce projet sera présent à l'Exposition internationale « Arts et Techniques dans la Vie moderne » de 1937
1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, Menton est annexée par l'armée italienne et les côtes françaises sont interdites aux étrangers, elle se réfugie dans le Vaucluse à Lourmarin puis Cavaillon. Au cours de cette période, nombres de ses réalisations restés à Menton seront pillés. La Guerre prend fin…1946 à 1947, Elle continue ses travaux sur l'urbanisme social avec le projet d'un « centre culturel et social ».
En 1954 Gray entame les travaux de sa nouvelle maison, baptisée « Lou Pérou », près de Saint-Tropez, ce sera son dernier projet.
En 1968, un article de Joseph Rykwert, publié dans le magazine Domus, suffit à remettre en production : la table, E-1027 et le fauteuil Bibendum de 1925, destiné à l'appartement parisien de Suzanne Talbot.
En 1972, lors de la vente aux enchères du mobilier du grand couturier et collectionneur Jacques Doucet, on redécouvre l'œuvre d’Eileen Gray. En 1973, plusieurs expositions rétrospectives sur l'œuvre d'Eileen Gray sont organisées notamment par le Royal Institute of British Architects ou encore l'Architectural League of New York28.
Le 31 octobre 1976, à l'âge de 98 ans, Eileen Gray s'éteint dans son appartement rue Bonaparte à Paris.